Que dit l’Islam au sujet des moyens de contraception ?

background.jpgUn poète dit :  Il faut éviter tous les procédés ingénieux, les manipulations  et toutes les pratiques de la sorcellerie pour empêcher la conception

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Il faut savoir que la seule chose à ce sujet que nous enseigne notre Prophète dans sa Sunna est le coït interrompu. C’était une pratique à laquelle certains Compagnons  avaient recours sans que… le Prophète  ne le leur interdise. Cette pratique consiste, lors de la copulation, à retirer le pénis du vagin juste avant l’éjaculation de sperme pour qu’elle se fasse à l’extérieur et non dans le vagin. Cela empêche le sperme de pénétrer dans le corps de la femme et donc toute fécondation.

D’après Ibn Jurayj qui se réfère à Atâ’, Jâbir  dit :  « Nous pratiquions le coït interrompu du temps du Prophète ». [Rapporté par al-Bukhârî, livre du mariage ch. 97.]

Jâbir dit aussi :  « Nous interrompions le coït alors que le Coran était révélé ».

Et dans une autre version :  « Nous interrompions le coït du temps du Prophète et il ne nous (l’)a point interdit ».[Rapporté par al-Bukhârî (9/250) et Muslim (4/160), et la deuxième version est de lui, al-Nasâ’î dans « al-clshra » (82/1), al-Tirmidhî (2/193) qui l’a authentifié et al-Baghawî dans « Hadîth ‘Alî Ibn al-Ja’d » (8/76/2).]

Ainsi, il nous apparaît clairement que les Compagnons  avaient recours à cette pratique du vivant du Prophète sans qu’il ne le leur interdise.

Cependant, abandonner le coït interrompu est préférable pour plusieurs raisons. Cela apporte une nuisance à la femme car son plaisir sexuel est diminué. [Cela a été mentionné par l’érudit dans « al-Fath ».]

Par contre, si elle est d’accord, nous pouvons dire que certains buts du mariage échapperont alors, dont la multiplication de la Communauté de notre Prophète  selon ses dires :  « Épousez [la femme] tendre et fertile, car je serai avec vous plus nombreux que les (autres) Communautés ». [C’est un hadîth authentique rapporté par Abu Dâwûd (1/320), al-Nasâ’î (2/71) selon Macqal Ibn Yasâr.]

En outre, le coït interrompu n’est pas un moyen catégorique pour empêcher l’enfantement. (…) Le coït interrompu consiste, comme nous l’avons vu, à avoir des rapports sexuels en pénétrant le pénis dans le sexe féminin puis en le retirant avant d’éjaculer le sperme dans le vagin. Il faut savoir que l’éjaculation intra-vaginale est une jouissance supplémentaire pour la femme et un grand plaisir. C’est pour cette raison que l’homme ne doit avoir recours au coït interrompu sans le consentement de son épouse car cela lui cause un grand tort sur le plan sexuel, vu que cette jouissance lui est ôtée, ce qui mène à l’embarras et au stress dans certains cas.

Aussi, la majorité des juristes parmi les quatre écoles et autres disent qu’il n’est pas permis au mari d’avoir recours au coït interrompu avec son épouse si ce n’est avec son consentement. (…)  C’est pour cette raison que le coït interrompu sans le consentement de l’épouse est réprouvé en Islam. C’est un point d’autant plus compréhensible quand l’on étudie la médecine. Ainsi, un jugement n’est rendu en Islam sans qu’il n’y ait de sens et de raison en cela. Ce qui veut dire que l’insatisfaction de la femme quant à une jouissance sexuelle totale lors de la copulation est cause de maladies psychologiques et corporelles, comme l’ont expliqué les spécialistes dans leurs livres. Ils disent que si l’homme a recours trop de fois au coït interrompu, cela conduit la femme également à détester son mari, à le fuir, voire même à vouloir le divorce. (…).

Nous avons vu qu’il est déconseillé donc d’avoir recours au coït interrompu.

Le Shaykh Nâsir al-Dîn al-Albânî     nous donne davantage de renseignements à ce sujet. Il dit dans son livre «Les Bienséances du Mariage », chapitre 19 :  « De toutes les façons, la réprobation pour moi est telle qu’il ne doit pas y avoir avec les deux raisons (citées en début du point 19) ou l’une d’elles, un autre but parmi ceux des mécréants dans l’interruption du coït, comme la peur de la pauvreté due au nombre des enfants, la responsabilité des dépenses pour eux et leur éducation.  Dans ce cas, la réprobation devient interdiction, car l’intention rejoint celle des mécréants qui tuaient leurs enfants par peur de l’indigence et de la pauvreté, comme cela est connu.

Contrairement au fait que la femme soit malade et que le médecin ne craigne que sa maladie ne s’accentue si elle est enceinte, il lui est permis donc de prendre temporairement ce qui l’empêchera d’être enceinte. Et si sa maladie est grave et que la mort est à craindre, seulement dans ce cas précis, il est permis, plutôt obligatoire de ligaturer les trompes, afin de préserver sa vie, et Allah  est meilleur Connaisseur ».

L’érudit al-Albânî    explique que le coït interrompu est déconseillé car il diminue le plaisir de la femme et ne respecte pas l’un des buts du mariage : l’enfantement. Il est interdit d’y avoir recours en sorte de fuir l’enfantement par peur de la pauvreté et toute autre raison matérielle, comme les mécréants. Car cela consiste à les imiter. Il termine sa parole en disant que les moyens de contraception ne sont à utilisés que si la femme craint pour sa santé après avis médical. Dans ce cas, elle devra avoir recours à un moyen de contraception temporaire jusqu’à guérison. Mais si elle craint la mort, il lui est permis, voire obligatoire, de recourir à un moyen de contraception catégorique tel la ligature des trompes afin de préserver sa santé et sa vie. Et un certain nombre d’autres savants ont émis une fatwa autorisant l’utilisation de pilules contraceptives, avec les conditions citées ci-dessus, pour autant que ces pilules ne
nuisent pas à la santé de la femme.

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