Portrait : Baba Fall : “Baatou Keur-gui” ou le faiseur de miracle

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Tous vers une même destination et pour l’acquisition d’un seul médicament : « Batou Keur-gui ». Dans l’inconscient populaire des citoyens, au quartier de Nord Foire, c’est la grande ruée des hommes mariés et autres célibataires, souffrant d’impuissance sexuelle. Baba Fall, ex-officier de la Police judiciaire, a troqué son statut d’agent de la Fonction publique contre celui de guérisseur. Le produit à base d’écorce d’arbre fruitier en bandoulière, il se dit convaincu que ledit médicament redonne au patient sa virilité sexuelle dans un délai de 72 heures. Résultat : le

guérisseur, courtisé par toutes les catégories socio-professionnelles, estime que « Batou Keur-gui » a réussi la prouesse de contribuer à réduire le taux élevé de divorces constaté dans les mariages.
 
On ne sait si c’est un trésor de savoirs ou seulement un bavard impénitent, mais il apparaît d’emblée comme un sauveur. Il n’a que quarante-huit ans, mais il est déjà courtisé par toutes les catégories socio professionnelles d’une bonne frange de la population masculine. Son nom : Baba Fall. Né à Kounguèle en 1958, l’ex-officier de police judiciaire, a choisi de troquer son statut d’agent de la fonction Publique contre un produit à base d’arbre fruitier : Batou Keur-gui.
En effet, après vingt-trois ans de service effectué dans la gendarmerie, le polygame et père de cinq enfants a décidé en 1992, de tourner le dos à ses collègues, pour consacrer le reste de sa vie à la lutte contre le taux élevé d’adultères et de divorces noté dans les mariages.
Spécialiste du traitement de l’impuissance sexuelle, le longiligne bonhomme aux larges épaules, jouit d’une réputation de faiseur de miracles, dans le quartier de Nord Foire.
Même si son visage n’est pas connu du grand public, il n’en demeure pas moins que son nom jouit d’une célébrité à tous égards. D’un franc-parler inébranlable, Baba Fall, ne fait ni dans la dentelle ni dans le velours pour exhorter les Sénégalais à briser le tabou, qui entoure l’impuissance sexuelle. Pour lui, cette dernière est la principale source des actes répétés d’adultères de certaines femmes ».
Pour lui, « cette maladie est un fléau mondial, mais dans notre pays, certains qui en souffrent, sont gênés de se faire consulter. Conséquence, ils finissent la plupart du temps, par consommer le divorce ou devenir stériles ». D’ailleurs, « cela ne sert à rien d’offrir une villa ou un véhicule à sa femme pour la retenir dans sa vie conjugale, si le mari est persuadé qu’il ne dispose plus de toutes ses capacités sexuelles », clame l’ex-gendarme. Aujourd’hui, pour remédier à ce mal, certains hommes mariés semblent avoir trouvé la parade : Batou Keur-Gui, un produit que le guérisseur dit avoir hérité de sa mère décédée en 1992.
En toute discrétion
Assis devant une table sous laquelle, sont posés deux seaux contenant le fameux produit, Baba Fall dégage une discrétion maladive et refuse catégoriquement de dévoiler l’identité de ses nombreux patients en dépit de notre insistance. Son téléphone, qui sonne à tout bout de champ, tout au long de notre entretien, renseigne si besoin en est, des nombreuses sollicitations dont il fait l’objet de la part d’une clientèle des « ténèbres ». Au menu de chacune de ses conversations, il déclare succinctement : « le produit coûte … (Il nous interdit de révéler la somme), et je te donne trois jours pour que tu te rendes compte de ses effets », lance laconiquement l’ex-homme de loi à son interlocuteur. Sur un ton ferme, il se retourne vers votre serviteur et rassure : « j’ai juré de ne jamais révéler les noms des hommes qui sollicitent mes services, car, le secret absolu reste mon credo, mais aussi, le contrat moral que j’ai signé avec eux ». Pour preuve, le natif du Saloum, qui a mené ses études élémentaires et secondaires respectivement à Kounguèle et Linguère, prend la précaution de ne jamais prendre rendez-vous avec ses patients chez lui. Il a sûrement raison, car, à la fin de notre entretien, les rares personnes que nous avons croisées semblent ébahies et s’interrogent sans doute de notre présence dans sa maison. La toge bien enfilée, une tonalité de voix qui appuie la teneur de chaque phrase, le « sauveur des impuissants » trouve les mots justes pour accrocher son auditoire. « Je suis différent des marabouts qui arnaquent les malades, mais qui s’avèrent incapables de les guérir ».
Selon lui, pour contourner la pudeur de certaines autorités à effectuer le déplacement par crainte d’être démasquées, le guérisseur leur donne l’opportunité d’envoyer leurs chauffeurs pour récupérer le produit tant prisé. Toutefois, toutes les catégories sociales (citoyen lamda, autorités du pays) sollicitent les services du guérisseur dont le nom est aujourd’hui connu d’une bonne frange de la population masculine. Interpellé sur l’efficacité du médicament, qui défraie tant la chronique, Baba Fall se veut formel : ‘ le médicament, qui agit sur le système nerveux.
dans les soixante-douze heures, permet au malade ayant perdu ses performances sexuelles, de retrouver sa virilité d’antan ».
De grande taille, le guérisseur, qui fait preuve d’une assurance déconcertante, ajoute : « je ne travaille pas sur la base du Coran encore moins sur la base de connaissances mystiques. Mieux, le patient n’est pas tenu de payer rubis sur ongle, et peut bénéficier d’un moratoire ». À en croire le guérisseur, qui fait la navette entre le Sénégal, l’Europe et les Etats-Unis, la floraison de la maladie est due à une mauvaise alimentation et parfois à l’âge de certains hommes ».

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